"La main déshabilla mon bras, s’arrêta près de la veine, autour de la saignée, forniqua dans les dessins, descendit jusqu’au poignet, jusqu’au bout des ongles, rhabilla mon bras avec un long gant suédé, tomba de mon épaule comme un insecte, s’accrocha à l’aisselle. Je tendais mon visage, j’écoutais ce que mon bras répondait à l’aventurière. La main qui se voulait convaincante mettait au monde mon bras, mon aisselle. La main se promenait sur le babil des buissons blancs, sur les derniers frimas des prairies, sur l’empois des premiers bourgeons. Le printemps qui avait pépié d’impatience dans ma peau éclatait en lignes, en courbes, en rondeurs. Isabelle allongée sur la nuit enrubannait mes pieds, déroulait la bandelette du trouble. Les mains à plat sur le matelas, je faisais le même travail de charme qu’elle. Elle embrassait ce qu’elle avait caressé puis, de sa main légère, elle ébouriffait, elle époussetait avec le plumeau de la perversité. La pieuvre dans mes entrailles frémissait. Isabelle buvait au sein droit, au sein gauche. Je buvais avec elle, je m’allaitais de ténèbres quand sa bouche s’éloignait…"
Étonnement d’Oriane (encre rose): que d’érotisme dans cette page qui pourtant ne dit rien de façon directe. En lisant ces quelques pages d’amours lesbiennes, j’étais au bord de l’orgasme. Bien plus que dans les Poèmes de Marc Hodges à Gilberte ou dans Mon sexe et moi… son autobiographie érotique qui pourtant font partie des quelques textes (avec Miller, Anaïs Nin, Oscar Wilde… N’y a-t-il que des anglo-saxons pour dire le sexe ?) qui m’émeuvent vraiment.
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